Critique Pelléas et Mélisande, Julie Duclos #FDA19

Critique M La Scène L M Énormément

Pelléas et Mélisande © Christophe Raynaud de Lage
186

Critique Pelléas et Mélisande

Pelléas et Mélisande , à La Fabrica. La mise en scène de Julie Duclos, soutenue par la justesse de ses interprètes, restitue la magie du texte de Maeterlinck. 

Une menace à pas feutrés

Aller vers un destin fatal. Se laisser porter par le mouvement flottant des sentiments. Sentir la mort qui rode mais accueillir l’amour dans sa pureté dévoilée. Les personnages du drame de Maurice Maeterlinck portent en eux une énigme et paraissent découvrir le tragique qui les guette et les foudroie dans l’immobilité du quotidien.

Gageure donc de monter Pelléas et Mélisande. Pourtant Julie Duclos, le jeune metteuse en scène associée au TNB, parvient à saisir « l’inquiétante étrangeté » attachée aux destin des deux héros. Toutes les ressources scéniques sont déployées pour rendre palpable la menace qui avance à pas feutrés. Les projections vidéo, aux images magnifiques, ouvrent sur des paysages sauvages que le danger habite. La structure à deux étages dans laquelle évoluent les personnages, tel un monstre doté de pouvoirs malfaisants, est mouvante. La scénographie (Hélène Jourdan) cloisonne les êtres mais semble révéler les pensées non formulées. La lumière (Mathilde Chamoux) découpe l’espace au scalpel ou le nimbe de brouillard mystérieux dans un univers sonore trouble. 

La Justesse de l’interprétation

Vincent Dissez, dont on ne cesse de dire du bien, incarne le prince Golaud. Il donne à voir avec acuité les tourments et la jalousie destructrice qui rongent le personnage jusqu’à la folie. Matthieu Sampeur ( Pelléas), vu chez Lupa, Ostermeier, Jatahy, est encore une fois saisissant de présence et de justesse. Est-ce d’avoir travaillé ce que Kristian Lupa appelle « le monologue intérieur » pour Salle d’attente ? Mais le jeune comédien donne l’impression que le personnage charge souterrainement le corps de l’acteur de sa matière imaginaire et sensible. Stéphanie Marc prête à Mélisande sa fraîcheur. Enfin, Philippe Duclos apporte au personnage d’Arkël toute son humanité. 

Pelléas et Mélisande mis en scène par Julie Duclos parvient à faire vibrer les mots de Maeterlinck « J’ai joué en rêve autour des pièges de la destinée » et à nous émouvoir. 


Critique Pelléas et Mélisande #FDA19 à La Fabrica  à 18h

Avec Vincent DissezPhilippe DuclosStéphanie MarcAlix Riemer, Matthieu Sampeur, Émilien Tessier
Et en alternance Clément BaudouinSacha HuygheEliott Le Mouël

Texte Maurice Maeterlinck
Mise en scène Julie Duclos
Scénographie Hélène Jourdan
Lumière Mathilde Chamoux
Vidéo Quentin Vigier
Son Quentin Dumay
Costumes Caroline Tavernier
Assistanat à la mise en scène Calypso Baquey


Festival d’Avignon 2019 Lire une autre critique théâtre M La Scène

Leave A Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.