M La Scène
Critiques Théâtre et Danse

L'ÉDITO DE M LA SCÈNE BLOG THÉÂTRE

NOVEMBRE 2021 : ALORS CETTE RENTRÉE THÉÂTRALE ?

Pour M La Scène, la rentrée a commencé par un coup de cœur :  Illusions perdues  mise en scène par la jeune metteuse en scène Pauline Bayle. Spectacle vu au Théâtre de la Bastille. Le roman foisonnant de Balzac est adapté avec fougue. La mise en scène vitaminée emporte l’adhésion. Le spectacle est défendu par cinq acteurs à l’énergie revigorante. Choix étonnant et qui fonctionne : Jenna Thiam y incarne, au-delà du genre, Lucien, le jeune poète « beau comme une femme », tel que le décrit Balzac. La jeune comédienne se jette dans l’arène du plateau comme « un gladiateur qui doit affronter des bêtes » et ne relâche à aucun moment l’intensité de son jeu. Interview de Pauline Bayle à retrouver ici. En écho, dans l’actualité, le film de Xavier Giannoli montre combien la comédie humaine balzacienne est encore source d’inspiration.

(Lire la suite de l’éditorial)

Critique Sang négrier mise en scène Khadija El Mahdi #OFF19

Critique M La Scène : ♥♥♥♥♡

© Nicolas Cronie
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Sur un texte de Laurent Gaudé, extrait de « Dans la nuit du Mozambique » (Actes Sud), Khadija El Mahdi monte Sang négrier. Ce récit terrible d’une chasse à l’homme noir dans les rues de Saint-Malo est porté par l’interprétation brûlante de Bruno Bernardin.

interview par M La Scène à l'issue du spectacle

Critique Sant négrier

Les ailes noires d’un cauchemar

Triplement récompensé en 2018 par les P’tits Molières (Meilleur seul en scène, meilleure mise en scène et meilleur comédien), Sang négrier mis en scène de Khadija El Mahdi frappe par l’authenticité de sa démarche. A partir d’un récit terrible de Laurent Gaudé, sur la petite scène du Verbe Fou, se déploie les ailes noires d’un cauchemar. Celui d’un second de bateau, en charge d’une cargaison de « nègres ». Celui d’un assassin qui a autorisé toute une ville à traquer et à tuer cinq esclaves échappés du navire. Celui d’un homme que son crime vient hanter et torturer. Au point d’en perdre la raison.

« Cette ville me fait horreur. Je sais qu’elle lui appartient désormais, qu’il y règne. Je sais que lorsque le vent dans les persiennes m’insulte, c’est parce qu’il lui a demandé de le faire. Je sais que lorsque les pavés me font trébucher, c’est parce qu’il les a déplacés. »

Une interprétation saisissante

Sur scène, Bruno Bernardin, seul en scène, incarne tous les personnages. La puissance de son jeu force l’admiration. Il fait exister les troubles contours de la folie et l’horreur du récit. Le masque façonné par Etienne Champion lui permet de dédoubler le personnage et de faire entrer la barbarie dans un anonymat où grouillent toutes les possibilités de la cruauté humaine. « Nous avons aimé ce spectacle. Chacun de nous a ressenti au plus profond de lui que c’était ce qu’il fallait cette nuit : tenir la bête à ses pieds et l’immoler. »

Saisissant, porté par l’interprétation brûlante de Bruno Bernardin, Sang négrier de Laurent Gaudé, mis en scène par Khadija El Mahdi, est à voir.


Festival #OFF19 d’Avignon au Théâtre Le Verbe fou à 15h15

  • Metteuse en scène : Khadija El Mahdi
  • Interprète(s) : Bruno Bernardin
  • Costumes : Joëlle Loucif
  • Masque : Etienne Champion
  • Décor : Stefano Perocco di Meduna
  • Création lumières : Célia Idir

Festival #OFF19 d’Avignon Lire une autre critique théâtrale de M La Scène

Teaser de sang négrier

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