L M Wareware no moromoro ( nos histoires)

de Hideto Iwaï

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A Gennevilliers, le metteur en scène japonais Hideto Iwaï invente un spectacle en français autour de témoignages d’anonymes. Ces récits de vie dressent les contours émouvants d’histoires qui s’écrivent sur scène en toute simplicité.

L’élégance de la simplicité

Étrangement, Hideto Iwaï met en avant son expérience personnelle pour expliquer son travail scénique. Battu par un père trop tyrannique, reclus par peur des autres jusqu’à l’âge de vingt ans, c’est le théâtre qui a pacifié ses terreurs. Depuis, il crée en veillant à ne pas imposer ses convictions, à ne pas brusquer le spectateur par des grands effets dramatiques ou visuels. Il cherche à inventer un espace dans lequel les gens puissent accueillir la parole de ceux qui témoignent comme un d’écho en creux à leur propre ressenti.

A la demande de Daniel Jeanneteau, le directeur du T2G,  le metteur en scène japonais, Hideto Iwaï, imagine ici un spectacle Wareware no moromoro (nos histoires…) qui puise dans la vie de trois comédiens et de trois habitants de Gennevilliers. Sur scène, leurs récits de vie forment la trame narrative du spectacle. Et ce qui frappe, le spectateur est l’élégante simplicité avec laquelle cette parole est restituée sur le plateau.

Wareware no moromoro
Hideto Iwaï© Guillaume Deloire

L’enfance et ses peurs, la relation aux parents, leur violence, le déracinement, mais aussi l’amour sont au cœur de cette entreprise qui se veut résolument intime.

Sur le plateau, une structure rectangulaire en bois léger est manipulée en fonction des espaces de souvenirs évoqués. Les accessoires sont peu nombreux. Quelques gros coussins, deux larges draps. Le blanc domine, comme les matériaux datés. Chaises, tables en bois ou en formica. Ce qui est privilégié, là encore, est l’authentique mais, chaque élément se transforme pour ouvrir une dimension poétique au gré des évocations.

Quand trop souvent, au théâtre, le spectateur se voit confronté à une parole surfaite, dans Wareware no moromoto ( nos histoires), l’humilité du récit touche. Celui du petit couple de Lucienne et Michel l’accompagne longtemps. 

Dans le cadre du Festival d’automne à Paris et des Japonismes 2018.

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