M La Scène
Critiques Théâtre Danse Musique Opéra

L'ÉDITO DE M LA SCÈNE BLOG THÉÂTRE

ÉDITO Janvier 2022.

M La Scène vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année 2022. Puisse-t-elle voir les nuages encore menaçants disparaître !

Pour nous, l’année s’est terminée sur le plaisir de retrouver le travail de Kurô Tanino, au Théâtre de Gennevilliers. Le metteur en scène japonais présentait La Forteresse du sourire. La création, nourrie par le jeu tout en retenue et puissant des acteurs, touchait par sa délicate et profonde humanité.

De belles découvertes ont marqué également cette fin d’année :

Le Passé, mis en scène par Julien Gosselin, d’après l’auteur russe Léonid Andréïev, frappait par sa virtuosité à retranscrire par l’image la tragédie d’êtres plongés dans un enfer intérieur. L’actrice, Victoria Quesnel, époustouflante, y crevait l’écran.

Suite de l’éditorial

« Le Sacre du printemps » chorégraphie d’Angelin Préjlocaj

1 822

 

LM***** Énormément: Le Sacre du printemps d’ Angelin Préjlocaj

Un Sacre qui réussit à bousculer les conventions

Il y avait « Le Sacre » de Pina Bausch, glorieux, bouleversant. Depuis 2011, date de sa création, il y a désormais « Le Sacre » d’Angelin Préljocaj, animal, magnifique. Nijinski avait provoqué un scandale retentissant lors de la première du ballet en mai 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, cent ans après, la version crue, sans complaisance, de Préljocaj peut encore heurter et bousculer la confortable aspiration aux conventions.

Le chorégraphe renoue avec la thématique ancestrale du sacrifice, celle d’une fête barbare où il s’agit, pour toute une communauté, d’offrir l’un de ses membres à la nature toute-puissante pour s’en concilier les faveurs. Ce choix artistique s’appuie sur la très belle scénographie de Thierry Leproust, six panneaux herbeux, concaves, amovibles, que les douze danseurs enjambent, traversent , dynamisent par leurs transes, par leurs ébats violents. Les six morceaux finiront par se rejoindre et par emprisonner l’élue.

 

Une danse féroce

Accompagnant la puissante musique de Stravinski, la danse est brutale, bestiale, animée par un élan de vie, nécessaire, féroce. Les couples se prennent avec sauvagerie. Le corps de l’élue est mis à nu avec âpreté par le collectif et abandonné à son sort. Mais, les dernières images du ballet, magnifiques, montrent une élue forte de son acceptation qui épouse, dans la douceur, la terre qui la reçoit. Son corps frêle et offert paraît lentement absorbé comme celui d’un enfant qui retournerait dans un ventre fécond et maternel.

sacre-prejlocaj

Tumulte, des guerrières urbaines

Un ballet, plus récent, créé en 2012, accompagnait ce programme, « Royaume uni« , une pièce pour quatre danseuses sur une musique contemporaine. Préljocaj reprend, avec les danseuses de sa compagnie, une pièce créée pour des artistes Hip-Hop, guerrières urbaines contemporaines. L’argument est travaillé par l’idée d’une aspiration à l’unité, les quatre pays, les quatre univers se rejoignant pour ne constituer qu’un seul royaume. La démonstration est hypnotique, parfaitement orchestrée mais, le souffle vital qui anime « le Sacre » ébranle bien plus le spectateur.

http://www.youtube.com/watch?v=u_8q8kWbHcs

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Leave a comment