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FESTIVAL D’AVIGNON 2021 : « ESSENTIEL »

La 75e édition du Festival d’Avignon et le Festival Off 2021 ont récemment fermé leurs portes : l’occasion de revenir sur ce festival exceptionnel.

« Exceptionnel » ?  Le mot n’est-il pas exagéré ? Non. Ce serait oublié l’année précédente. Vide. Morte. Sacrifiée. Celle où les salles de théâtre, de cinéma et même les librairies furent fermées. Celle où, marquée au fer rouge de la bêtise, la culture fut décrétée « non essentielle ». Tandis qu’on ouvrait les lieux de culte, les lieux de culture étaient frappés d’anathème, offerts en expiation aux lâchetés politiques premières. (Lire la suite de l’éditorial)

« Le Sacre du printemps » chorégraphie Jean-Claude Gallota

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L.M ** bien Le Sacre du printemps de Jean-Claude Gallota au TPE de Bezons

Photo : Guy Delahaye

Crée en 2011 au Théâtre de Chaillot, sur la version musicale que le maître Stravinski enregistra en 1960 (la plus rapide à ce jour), Le Sacre du printemps de Jean-Claude Gallota, relève le défi de l’énergie.

L’œuvre fait suite à la création L’Homme à la tête de chou. Le Sacre commence à l’endroit où l’autre spectacle finissait : les danseurs allongés en ligne en avant-scène, vêtus de chemises blanches.

Cependant, pour étoffer la chorégraphie, Le Sacre est précédé de deux courtes pièces, Tumulte et Pour Igor, un solo de Cécile Renard. Si Tumulte, pièce collégiale, rythmée par les silences, le souffle, les déplacements puissants des danseurs, convainc et invite à l’écoute avant le déchaînement de la musique, en revanche, le solo proposé en hommage à Igor Stravinski souffre de longueurs et de la faiblesse de ses propositions.

Le Sacre est marqué par l’énergie, le dynamisme, mais la vitalitésacre-gallota des danseurs ne parvient pas à insuffler le souffle mythique de la « cérémonie païenne » liée à la musique. On est loin de la force du ballet de Pina Pausch. Peut-être que le parti pris urbain du chorégraphe, le refus de l’histoire ( Gallota dit ne pas avoir voulu d’élue) et la désolante banalité voire laideur des costumes contribuent-ils à affadir le propos.

On regrettera aussi que des projections vidéo, inutiles, parasitent de beaux moments de danse.

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Le spectateur se trouve happé par les images en noir et blanc du film de Jean Vigo, L’Atalante. Leur puissance poétique nous entraîne hors de scène. Nous sommes saisis par l’homme qui, parmi les cordages, enlace brutalement une femme tout de blanc vêtue, par l’étonnante attaque de chats qui la libère, par la mariée évanescente en contre-plongée qui traverse lentement la péniche et oublions les danseurs. La vidéo totalement improductive dessert le travail du chorégraphe et des danseurs qui, encore une fois, ne déméritent pas et défendent avec vigueur et foi cette version du  Sacre.

 

http://numeridanse.tv/fr/share/video/only/MEDIA111212121329921

 

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