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L'ÉDITO DE M LA SCÈNE BLOG THÉÂTRE

NOVEMBRE 2021 : ALORS CETTE RENTRÉE THÉÂTRALE ?

Pour M La Scène, la rentrée a commencé par un coup de cœur :  Illusions perdues  mise en scène par la jeune metteuse en scène Pauline Bayle. Spectacle vu au Théâtre de la Bastille. Le roman foisonnant de Balzac est adapté avec fougue. La mise en scène vitaminée emporte l’adhésion. Le spectacle est défendu par cinq acteurs à l’énergie revigorante. Choix étonnant et qui fonctionne : Jenna Thiam y incarne, au-delà du genre, Lucien, le jeune poète « beau comme une femme », tel que le décrit Balzac. La jeune comédienne se jette dans l’arène du plateau comme « un gladiateur qui doit affronter des bêtes » et ne relâche à aucun moment l’intensité de son jeu. Interview de Pauline Bayle à retrouver ici. En écho, dans l’actualité, le film de Xavier Giannoli montre combien la comédie humaine balzacienne est encore source d’inspiration.

(Lire la suite de l’éditorial)

Moby Dick mise en scène Yngvild Aspeli

Moby Dick mise en scène Yngvild Aspeli ©Christophe Raynaud de Lage
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Au Monfort théâtre, Yngvild Aspeli, directrice artistique de la Cie Plexus Polaire, ouvre un univers d’images étonnant en montant le roman culte de Hermann Melville, Moby Dick.

Un infini hanté de clameurs

Moby Dick est l’histoire mythique d’une quête acharnée, une quête au-delà de la raison, celle du capitaine Achab, mutilé par un cachalot blanc et qui cherche à se venger. Sur les flots déchaînés, battus par les vents redoutables, le capitaine, régnant en maître, entraîne son équipage dans sa folie. La mort, seule, sera l’issue du voyage.  

Yngvild Aspeli, artiste associée au Mouffetard-Théatre depuis 2018, choisit de « traduire » l’oeuvre de Hermann Melville dans un « langage visuel ». Sur le plateau, il s’agit de donner vie à un infini hanté de clameurs. Celle d’un monde où la mer gronde et où la mort rode. Un entre-deux poétique et terrible pour des hommes qui ne sont plus eux-mêmes. 

Donner à voir un entre-deux poétique et terrible

Les marionnettes de taille humaine se confondent avec les acteurs, bouleversant les frontières entre l’animé et l’inanimé. Le personnage d’Achab, travaillé à plusieurs échelles, est manipulé à vue par des marionnettistes aux masques macabres. Le capitaine -marionnette du destin- colonise l’espace de sa présence redoutable. Trois musiciens sur scène accompagnent, de leur chant et de leurs instruments, ce voyage maudit. Les jeux de lumière sur des tissus mouvants et des projections de vidéos rendent palpables la beauté et le danger de l’océan tout-puissant. Tandis que des maquettes du baleinier, celles des pirogues des matelots et celles de cachalots pourchassés rendent visibles les scènes d’action en bousculant les plans.  

Violence de la chasse, cruauté d’un dépeçage, grondement de la houle, craquement du navire, fraternité des matelots, démence du capitaine et séduction de la baleine, Moby Dick, conçu par Yngvild Aspeli et la Cie Plexus Polaire, frappe par la richesse de ses images et démontre, encore une fois, la force créatrice du théâtre de marionnettes et d’objets. ♥♥♥♥♡

 


Moby Dick Le Monfort Théâtre      Du 19 au 29 mai 2021

En partenariat avec Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette

Mise en scène – Yngvild Aspeli
Créé et écrit avec les acteurs et marionnettistes – Pierre Devérines (en alternance avec Alexandre Pallu), Sarah Lascar, Daniel Collados, Alice Chéné, Viktor Lukawski, Maja Kunsic et Andreu Martinez Costa
Composition musique – Guro Skumsnes Moe, Ane Marthe Sørlien Holen et Havard Skaset
Fabrication marionnettes – Polina Borisova, Yngvild Aspeli, Manon Dublanc, Sebastien Puech, Elise Nicod
Scénographie – Elisabeth Holager Lund
Costumes – Benjamin Moreau
Création Lumière – Xavier Lescat et Vincent Loubière
Régie Lumière – Vincent Loubière ou Morgane Rousseau
Création Vidéo – David Lejard-Ruffet
Régie Vidéo – Hugo Masson ou Pierre Huber
Son – Raphaël Barani ou Simon Masson
Plateau : Benjamin Dupuis ou Xavier Lescat
Dramaturgie – Pauline Thimonnier
Assistant mise en scène – Pierre Tual

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