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L'ÉDITO DE M LA SCÈNE BLOG THÉÂTRE

ÉDITO Janvier 2022.

M La Scène vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année 2022. Puisse-t-elle voir les nuages encore menaçants disparaître !

Pour nous, l’année s’est terminée sur le plaisir de retrouver le travail de Kurô Tanino, au Théâtre de Gennevilliers. Le metteur en scène japonais présentait La Forteresse du sourire. La création, nourrie par le jeu tout en retenue et puissant des acteurs, touchait par sa délicate et profonde humanité.

De belles découvertes ont marqué également cette fin d’année :

Le Passé, mis en scène par Julien Gosselin, d’après l’auteur russe Léonid Andréïev, frappait par sa virtuosité à retranscrire par l’image la tragédie d’êtres plongés dans un enfer intérieur. L’actrice, Victoria Quesnel, époustouflante, y crevait l’écran.

Suite de l’éditorial

Critique La Pluie, mise en scène Olivier Chambon #OFF19

Critique M La Scène : ♥♡♡♡♡

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Au Théâtre Transversal, Olivier Chambon se saisit du court texte de Daniel Keene, La Pluie, pour évoquer l’absence des disparus, victimes de la Shoah.

Interview par M La Scène après le spectacle

Critique La Pluie

La mémoire pour tout bagage

Hanna (Valérie Leconte) erre sur la plateau. Silencieuse, courbée, elle arpente la scène, fixant parfois notre regard comme si elle cherchait à nous reconnaître. Puis, dans une pénombre propice aux fantômes, elle nous parle des objets qui ont envahi sa maison. Ces objets, que près des rails, ceux qui ne sont jamais revenus ont laissés, abandonnés. Ces objets qu’elle a précieusement gardés, rangés, triés, dans l’espoir que quelqu’un vienne les reprendre. Dans la solitude extrême qui l’enveloppe flotte cette mémoire diffuse des êtres qu’elle n’a pas connus et celle d’un petit garçon.

La scénographie imaginée par Olivier Chambon pour monter le long poème de Daniel Keene s’inspire de l’exposition « Personnes » de Botanski au Grand Palais, édition 2010 de Monumenta qui abordait un questionnement sur les limites de l’humanité et la dimension essentielle du souvenir. Une pince gigantesque agrippait le sommet d’un tas monumental de vêtements pour les laisser retomber dans un mouvement sisyphéen. Dans La Pluie, au dessus du plateau, des manteaux sont suspendus, présences spectrales, qui hantent la mémoire d’Hanna. Cette image rappelle aussi Résister, c’est exister mis en scène par Isabelle Starkier où des ombres grises, suspendues à des chaînes, émergeaient d’une fumée âcre. 

Si La Pluie, d’après David Keene, mis en scène par Olivier Chambon, souffre peut-être d’un manque de relief, la thématique, essentielle, de la mémoire et de l’héritage vivant des déportés est traitée avec délicatesse et sincérité.


Festival #OFF19 Avignon  Au Théâtre Transversal à 19h

La Pluie, d’après David Keene

Metteur en scène : Olivier Chambon

Interprète : Valérie Leconte


 

Teaser de la pluie

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