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FESTIVAL D’AVIGNON 2021 : « ESSENTIEL »

La 75e édition du Festival d’Avignon et le Festival Off 2021 ont récemment fermé leurs portes : l’occasion de revenir sur ce festival exceptionnel.

« Exceptionnel » ?  Le mot n’est-il pas exagéré ? Non. Ce serait oublié l’année précédente. Vide. Morte. Sacrifiée. Celle où les salles de théâtre, de cinéma et même les librairies furent fermées. Celle où, marquée au fer rouge de la bêtise, la culture fut décrétée « non essentielle ». Tandis qu’on ouvrait les lieux de culte, les lieux de culture étaient frappés d’anathème, offerts en expiation aux lâchetés politiques premières. (Lire la suite de l’éditorial)

Critique La Magie lente mise en scène Pierre Notte #OFF19

Critique M La Scène : ♥♥♥♥♥

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Formidablement interprétée par Benoit Giros, La Magie lente, à L’Artéphile, bouleverse. L’acteur, seul en scène, fait émerger une vérité longtemps enfouie, celle d’un enfant abusé et d’une vie passée à se mentir. La mise en scène de Pierre Notte cisèle l’espace et orchestre la dramaturgie du texte de Denis Lachaud vers la lumière. 

Interview par M La Scène après le spectacle

Critique la magie lente

Guérir par la parole

Résilience. Depuis les travaux et les ouvrages du pédopsychiatre Boris Cyrulnik, le mot est entré dans le langage courant au point d’être quelquefois galvaudé. Dans La Magie lente, le texte de Denis Lachaud ( Editions Actes Sud), celui-ci prend tout son sens. Un homme suit une cure psychanalytique. Pendant dix ans, il est diagnostiqué schizophrène. À la faveur d’un changement de thérapeute, l’erreur du diagnostic est révélée. Il faut chercher ailleurs. Les cauchemars, les dégoûts, les terreurs. L’homme met alors à jour une trace traumatique insoupçonnée de son enfance et entreprend une éprouvante bataille pour ramener de la vie en lui. Jusqu’à l’absolue acceptation de nommer l’horreur. Jusqu’à l’absolue horreur d’entendre et de comprendre le sens du mot prononcé.

Pierre Notte monte le texte à l’Artéphile. La mise en scène radicale et précise éclaire chaque pas de ce difficile chemin de libération. La tension est constamment maintenue. Le metteur en scène opte pour un dispositif qui place le personnage aux commandes de l’avancée du dévoilement. C’est l’acteur, seul en scène, face au noir du plateau, qui « fait la lumière » pour reprendre l’expression de Benoit Giros.  En appuyant du pied sur des boîtiers, il maîtrise les projecteurs comme le patient qui décide d’éclairer ses zones d’ombre. La Magie lente

Benoit Giros, formidable d’intensité, pendant une heure dix, incarne le narrateur, le psychiatre et le patient. Sans effet ostentatoire, sans posture artificielle, d’un changement de ton, pas même de voix, il fait entendre celui qui aide et celui qui se bat contre lui-même. Les peurs, le désarroi, la colère, la fragile vulnérabilité, le champ de ruines à affronter, chaque intonation du comédien les fait vivre. Le spectateur sort aux bords des larmes. 


 Festival OFF 19 Avignon, à l’Artephile, à 19h20. 

La Magie lente, de Denis Lachaud / Mise en scène Pierre Notte / Avec Benoit Giros / Lumières Éric Schoenzetter / Costume Sarah Leterrier


Festival d’Avignon #OFF19 lire une autre critique théâtrale de M La Scène sur un spectacle à L’Artephile

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