Critique Le Chant de l’eau, Zhang Peng #OFF19

Critique M La Scène : L M Bien

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Dans le cadre d’Hybridités France-Chine, une association qui a pour but de favoriser les échanges franco-chinois entre les professionnels du spectacle et les enseignants-chercheurs universitaires spécialistes du théâtre, Zhang Peng  présente Le Chant de l’eau, au Festival #OFF19 d’Avignon. Sa création entend ressusciter la culture traditionnelle des provinces du Hunan et du Xiangxi.

Interview par M La Scène à l'issue du spectacle

Critique Le Chant de l'eau

 Par delà les cultures, faire entendre Le chant de l’eau

Zhang Peng, le metteur en scène et chorégraphe du Chant de l’eau appartient à l’ethnie Miao. Il souhaite ressusciter la culture traditionnelle des provinces du Hunan et du Xiangxi, celle des minorités ethniques du sud-ouest de la Chine. Mais, en la revivifiant par la création. Pour le directeur de troupe chinois, il s’agit non seulement de faire connaitre la musique et les chants de cette province mais de les faire dialoguer avec la modernité.

L’image est belle. Les montagnes de ces régions chinoises sont hautes. Elles séparent les hommes. Alors, les mots, les paroles d’amour, sont donnés, laissés à la rivière. L’eau, par delà les montagnes, transporte la parole et fait voyager l’espoir. Celui d’être entendu et aimé. Zhang Peng reprend la légende et, à travers la musique et le chant, dresse des ponts entre sa culture traditionnelle et la culture occidentale. Sur scène, piano, violon et violoncelle répondent aux sons du tambour et de la cymbale chinoise. 

La métaphore de l’écriture 

A ce flux sonore, s’ajoute la métaphore de l’écriture. Celle-ci est travaillée sur le plateau dans la scénographie et la chorégraphie. Comme l’indique Zhang Peng : « J’ai choisi d’utiliser l’image assez courante de la “page blanche” pour présenter l’image de l’eau, pour transmettre l’effet visuel du fleuve qui se forme lors de la lecture. Celui-ci vient perturber et réorganiser le papier ; il crée un processus de conscience et de montage du temps et de l’espace, qui forme une rivière tridimensionnelle et onirique flottant dans le vent. Ainsi, la relation entre les acteurs, les lignes, l’eau et la rivière formée par ces papiers révèle lentement la vie unique, l’émotion et la spiritualité des citadins contemporains. »

Accrochées au corps du danseur, les pages s’écrivent à travers sa gestuelle. La danse devient écriture tandis que le chant s’élève sur scène à hauteur de montagne et d’espoir. Conçue en quatre chapitres évoquant la naissance, la croissance, le départ et le retour, la pièce met en scène une circularité qui rappelle le mouvement inexorable du fleuve et de la vie. 

Il est juste dommage que la création Le Chant de l’eau n’ait pu être présentée dans son intégralité avec la troupe au complet. Présent pour la première fois à Avignon, souhaitons que le travail de Zhang Peng soit accueilli dans une plus grande salle afin que le public français puisse prendre la mesure de son talent et de l’originalité de sa recherche.

Festival #OFF19 d’A.vignon au Collège de la Salle, Gymnase à 13H


Mise en scène : Zhang Peng
Composition musicale : Wen Liu
Musicien : Yi Zhang, Yang Yang
Musicienne : Tian Chen, Yun Tang
Interprète(s) : Honghang Guan,Qin Wei, Xilu Guan
Son : Jun Zhang
Lumière : Yifei Xu
Assistant: Dan Zhu

Entendre le Chant de l'eau


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