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ÉDITO Janvier 2022.

M La Scène vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année 2022. Puisse-t-elle voir les nuages encore menaçants disparaître !

Pour nous, l’année s’est terminée sur le plaisir de retrouver le travail de Kurô Tanino, au Théâtre de Gennevilliers. Le metteur en scène japonais présentait La Forteresse du sourire. La création, nourrie par le jeu tout en retenue et puissant des acteurs, touchait par sa délicate et profonde humanité.

De belles découvertes ont marqué également cette fin d’année :

Le Passé, mis en scène par Julien Gosselin, d’après l’auteur russe Léonid Andréïev, frappait par sa virtuosité à retranscrire par l’image la tragédie d’êtres plongés dans un enfer intérieur. L’actrice, Victoria Quesnel, époustouflante, y crevait l’écran.

Suite de l’éditorial

Critique Laterna Magica, mise en scène Dorian Rossel & Delphine Lanza #OFF19

Critique M La Scène : ♥♥♥♥♡

© Carole Parodi et La Lumière sombre Todd Hido
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Dorian Rossel & Delphine Lanza créent Laterna magica, au Théâtre 11 Gilgamesh Belleville, à partir de la fausse autobiographie d’Ingmar Bergman et rendent palpable le flottement vivant de la mémoire.

interview par M La Scène après le spectacle

Critique de Laterna Magica

Le flottement vivant de la mémoire

L’oeuvre d’Ingmar Bergman ne cesse d’être interrogée théâtralement. Julie Deliquet adaptait tout récemment, à La Comédie française, Fanny et Alexandre. Dorian Rosset et Delphine Lanza montent Laterna magica d’après la « fausse autobiographie » du cinéaste. Si l’artiste suédois suscite autant l’intérêt, c’est peut-être que son oeuvre touche à quelque chose à la fois d’intime et d’universel. Que fait-on de ce que l’on reçoit?  Comment parvient-on à le transformer pour rédiger une nouvelle page où s’écrivent les rêves ?

Dans Laterna magica revient la thématique de la famille et celle de l’empreinte de l’éducation des pasteurs protestants. Rigide, punitive, celle-ci devient par la terreur qu’elle génère chez l’enfant, le creuset d’une fuite vers l’imaginaire et l’élan vers la création d’un monde peuplé de lumières salvatrices.

Une scénographie évocatrice

La scénographie (Cie STT) travaille à rendre palpable cet inconscient, à proposer une transposition poétique du réel. Sur le plateau, dans une lumière crépusculaire, un rectangle vertical blanc est propice aux ombres créatrices.  Plus tard, à un large voile fluide qui s’élève et sur lequel on marche, s’oppose la dureté de six grands panneaux qui raclent rugueusement le sol. Mouvants, ils dressent les parois d’un labyrinthe intime dans lequel le narrateur se déplace.

Fabien Coquil porte la voix de Ingmar Bergman dans un monologue vivace où l’humour n’est pas absent. Sur scène, la silhouette de Delphine Lanza donne corps à la présence fantomatique de la mère. Tandis qu’ Ilya Levin, tel un accessoiriste aux ordres du cinéaste, déplace des objets pour le plan suivant.

Dorian Rossel, dans le cadre de la sélection suisse, présente également L’Oiseau migrateur au Festival #OFF19 d’Avignon (MAISON DU THÉÂTRE POUR ENFANTS à 14h10). Un spectacle pour enfants où il s’agit de « remettre de la contemplation dans les petites choses ». 


Festival #OFF19 d’Avignon, au 11 Gilgamesh Belleville, à 10h30

  • Mise en scène : Dorian Rossel, Delphine Lanza
  • Interprète(s) : Fabien Coquil, Delphine Lanza, Ilya Levin
  • Lumières : Julien Brun
  • Musique : Yohan Jacquier
  • Son : Thierry Simonot
  • Costumes : Eléonore Cassaigneau

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