An Irish Story de Kelly Rivière

L M (Énormément)

AN IRISH STORY (c) David Jungman -
92

Seule en scène, Kelly Rivière revient aux sources de son histoire, « An Irish Story ». Sur un rythme effréné, elle fait vivre une quinzaine de personnages. A la justesse de l’écriture répond celle de l’interprétation. Drôle et émouvant.

A la recherche de Peter O’Farell

Peter O’Farell a disparu. C’était le grand père de Kelly Rivière. Le grand père irlandais, celui qui, en 1949, avait quitté Knockcarron, minuscule village du Comté de Limerick, pour Londres. Pour ceux qui ont aimé Angela’s Ashes ( Les Cendres d’Angela) de Franck McCourt, Limerick dit forcément quelque chose. Ce grand père personne n’en parle plus. Son histoire se résume à sa disparition. 

Pour Kelly Rivière, ce vide entretient la légende. De ce silence, de cet oubli sur lequel toute la famille semble s’être accordée, de cette absence qui pèse pourtant de tout son poids sur les épaules du présent, elle décide de faire un objet théâtral. S’entourant de Jalie Barcilon, Suzanne Marrot, Sarah Siré et David Jungman, elle taille dans son texte autobiographique pour en dynamiser la matière. Le résultat est une réussite. Peter O’Farell est propulsé sur le plateau avec son mystère. La quête de la vérité peut rebondir de personnage en personnage, jusqu’à la révélation finale, au cœur de l’Irlande catholique. 

An Irish Story
Kelly Rivière dans An Irish Story (c)Cie Innisfree

Une prouesse d’interprétation 

Kelly Rivière passe du français à l’anglais, d’un accent à un autre, d’un personnage à un autre. Elle fait dialoguer la fille et ses premiers amants, la fille et la mère, la fille avec les autres membres de la famille. Elle devient la mère, le père, le frère, l’enfant, la détective Duluc et son échalas de fils, le pilier de pub, le chanteur édenté, la vieille tante émotive et pour finir son grand père. Une posture, un déplacement, un rictus, suffisent. 

Rien d’artificiel dans le jeu. La vivacité et l’humour décapant qui accompagnent cette galerie de portraits n’enlèvent rien à la sincérité et à l’affection que le spectateur ressent lors de leur incarnation. 

An Irish story avait déjà fait l’unanimité lors de sa création au Festival Off d’Avignon. Cette balade irlandaise vivifiante est à découvrir au Théâtre de Belleville jusqu’au 30 juin.

De et avec Kelly Rivière

Collaboration artistique Jalie Barcilon, David Jungman, Suzanne Marrot, Sarah Siré Collaboration artistique à la lumière et à la scénographie Anne Vaglio Scénographie Grégoire Faucheux

Leave A Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.