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Critiques Théâtre et Danse

Un jour, je reviendrai mise en scène Sylvain Maurice

Critique M La Scène ♥♥♥♡♡

Vincent Dissez dans Un jour, je reviendrai © Christophe Raynaud de Lage
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Conçue à partir de deux textes autobiographiques de Jean-Luc Lagarce, Un jour, Je reviendrai, la nouvelle création de Sylvain Maurice, au Théâtre de Sartrouville, offre à Vincent Dissez un de ces rôles, sur le fil, où le comédien excelle.

LES INTERVIEWS DE M LA SCÈNE :SYLVAIN MAURICE, METTEUR EN SCÈNE

LES INTERVIEWS DE M LA SCÈNE :
VINCENT DISSEZ, INTERPRÈTE

« Revenir parleR aux vivants »

 Un jour, je reviendrai, mis en scène par Sylvain Maurice, enchaîne deux récits autobiographiques de Jean-Luc Lagarce : L’ Apprentissage et Le Voyage à La Haye. Le premier raconte le difficile retour à la vie après une période de coma à l’hôpital. Le second évoque l’inexorable retour dans l’univers médical pour l’auteur malade du SIDA.

Le titre de la nouvelle création de Sylvain Maurice résonne comme une promesse apaisante, comme une formule magique. Promesse pleine d’espoir de l’auteur Jean-Luc Lagarce de revenir parler aux vivants après sa mort. Formule assertive qui réaffirme le pouvoir magique du théâtre. Sur scène, Lagarce continue à être joué, entendu. Ses mots libres et portés haut nous parviennent par-delà la mort.

Un monologue sur le fil

 Le comédien Vincent  Dissez incarne le dramaturge. Après l’aventure de Réparer les vivants, l’adaptation théâtrale du roman de Maylis de KérangalVincent Dissez donnait voix à une pluralité de personnages, Sylvain Maurice offre au comédien un monologue sur le fil où les mots vibrants nous atteignent de « l’autre rive ». Seul sur le plateau, souvent face public, sans effets, l’acteur fait entendre la musicalité si particulière de l’écriture de Jean-Luc Lagarce. 

Sylvain Maurice, pour Un jour, je reviendrai, a fait le choix de l’épure. La scénographie est minimale et confie à la lumière (Rodolphe Martin) le soin de rythmer l’espace et le temps. Les latéraux du début emprisonnent le buste nu de l’acteur. Dans sa gangue de lumière, le corps prisonnier, Vincent Dissez peut alors dire le lent éveil du coma. Des rectangles ou carrés projetés au sol ponctuent l’avancée vers la vie, le mouvement retrouvé, la géographie libre du succès, comme le chemin qui mène à l’acceptation de l’inexorable retour à l’hôpital. Du bel ouvrage.


Un jour, je reviendrai
texte JEAN-LUC LAGARCE
mise en scène SYLVAIN MAURICE

avec Vincent Dissez

assistanat à la mise en scène Béatrice Vincent
scénographie Sylvain Maurice en collaboration avec André Neri
costumes Marie La Rocca
lumière Rodolphe Martin
son et régie son Cyrille Lebourgeois

production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN
L’Apprentissage et Le Voyage à La Haye sont publiés aux Solitaires Intempestifs
photos © Christophe Raynaud de Lage

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