Retour sur le Festival d’Avignon 2025 : déjà des reprises
Septembre 2025/ La rentrée théâtrale approche. M La Scène revient sur le Festival d’Avignon 2025. Plus de trente spectacles couverts entre In et Off, des entretiens d’artistes au cœur de la frénésie du Festival, une expérience encore unique. Et déjà des reprises qui se profilent.
Les scènes ont interrogé les héritages, la mémoire, les rapports de domination et la possibilité d’un lien retrouvé à travers le corps, la parole et l’espace.
Corps et rituel scénique
Plusieurs spectacles du Festival d’Avignon 2025, NÔT, Nexus de l’adoration, Magec/The désert, Mutual, Palingénésie, sollicitent le corps comme médium politique, symbolique et spirituel. La scénographie déploie un espace sensible.
- NÔT, chorégraphie Marlène Monteiro Freitas. Reprise dans la cadre de la programmation au Théâtre de Chaillot, en mars 2026
- Nexus de l’adoration, chorégraphie Joris Lacoste. Reprise dans le cadre du Festival d’Automne à la MC93 en décembre.
- Magec / the Desert, chorégraphie Radouan Mriziga. Reprise dans le cadre du Festival d’Automne, Théâtre Public de Montreuil en Octobre
- Mutuel, chorégraphie Yun-Chi Lai ( retour de la scène taïwanaise au Festival Off 25)
- Palingénésie, chorégraphie Po-Hsiang Chuang ( retour de la scène taïwanaise au Festival Off 25)
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Classiques et relectures
De grands classiques se réinventent sous le feu de mises en scène audacieuses : avec La Folle journée ou Le Mariage de Figaro, Léna Bréban, fidèle au texte de Beaumarchais, en révèle la portée politique et féministe dans une lecture incisive, d’une brûlante actualité, dynamitant la scénographie pour mieux mettre à nu les fractures sociales. Le Malade Imaginaire , mis en scène par Tigran Mekhitarian, quant à lui, fait dialoguer le corps souffrant et une société tout aussi malade. Enfin, avec L’Illusion comique, Frédéric Cherbœuf et le Collectif L’Émeute livrent une relecture du chef-d’œuvre de Corneille, oscillant entre l’hommage au théâtre classique et une incursion virtuose dans les codes du cinéma.
- La Folle Journée ou le Mariage de Figaro, mise en scène Léna Bréban. Reprise à La Scala Paris en septembre
- Le Malade imaginaire, mise en scène Tigran Mekhitarian
- L’illusion comique, mise en scène Frédéric Cherboeuf. A noter: Reprise Le Jeu de l’amour et du hasard mise en scène Frédéric Cherboeuf au Théâtre des Mathurins en septembre.
- Le Canard sauvage, Thomas Ostermeier, dans le cadre du Festival d’Avignon In, échoue lui à proposer une mise en scène innovante.
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Une parole intime et politique
Durant ce millésime du Festival, de nombreux spectacles reposent sur le témoignage : J’ai plusieurs terres, La Colère, Fils de bâtard, La Vie rêvée. Ils tissent, avec une retenue saisissante, des récits où l’intime se heurte à l’Histoire : fragments de mémoire coloniale, évocations d’exil ou éclats de violence sociale se déploient dans des formes volontairement sobres, qui laissent toute leur force aux silences et aux résonances du vécu.
- Affaires familiales, mise en scène Emilie Rousset ( Critique à venir) . Reprise au Théâtre de la Bastille en Septembre.
- J’ai plusieurs terres, mise en scène Mavikana Badinga, Julien Graux, Raquel Silva
- La Colère, mise en scène Laurent Vacher
- Fils de bâtard, mise en scène Emmanuel De Candido et Olivier Lenel. Reprise à Bruxelles en octobre.
- La Vie Rêvée, mise en scène Kelly Rivière. Reprise de An Irish Story de Kelly Rivière à La Scala Paris en Septembre
- Monstres, mise en scène Elisa Sitbon Kendall
- Une pièce sous influence, mise en scène Sophie Lebrun et Martin Legros (Avignon 24). Reprise au Théâtre du Rond-Point en septembre.
Poétique du souvenir, théâtre d’objet
Des œuvres comme La Couleur des souvenirs, Blanc de blanc, Frantz, … utilisent le détail, l’objet ou la narration poétique pour convoquer l’enfance, la perte, le rêve ou l’intime.
- La Couleur de souvenirs, mise en scène Fabio Marra
- Blanc de blanc de Shu OKuno
- Frantz, mise en scène Marc Granier
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Avignon 2025 a dessiné un théâtre du lien, du souvenir, de l’éveil. Le politique s’y fait chair, l’intime devient universel, les corps racontent autant que les mots. M La Scène y a vu un théâtre de l’attention : à soi, à l’autre, au monde.