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L'ÉDITO DE M LA SCÈNE BLOG THÉÂTRE

ÉDITO Janvier 2022.

M La Scène vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année 2022. Puisse-t-elle voir les nuages encore menaçants disparaître !

Pour nous, l’année s’est terminée sur le plaisir de retrouver le travail de Kurô Tanino, au Théâtre de Gennevilliers. Le metteur en scène japonais présentait La Forteresse du sourire. La création, nourrie par le jeu tout en retenue et puissant des acteurs, touchait par sa délicate et profonde humanité.

De belles découvertes ont marqué également cette fin d’année :

Le Passé, mis en scène par Julien Gosselin, d’après l’auteur russe Léonid Andréïev, frappait par sa virtuosité à retranscrire par l’image la tragédie d’êtres plongés dans un enfer intérieur. L’actrice, Victoria Quesnel, époustouflante, y crevait l’écran.

Suite de l’éditorial

L MMM Réparer les Vivants mise en scène Sylvain Maurice

Réparer les vivants (c) (Agathe Poupeney
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Au Théâtre de Sartrouville, Sylvain Maurice reprend Réparer les vivants, son adaptation scénique du roman aux dix prix littéraires de Maylis de Kerangal. Une course pour la vie portée par deux artistes accomplis.

Une scénographie chirurgicale

Du récit captivant qui raconte l’épopée moderne d’une transplantation cardiaque, Sylvain Maurice a su garder la tension de l’urgence et l’émotion des voix. Vingt quatre heures pour « Enterrer les morts et réparer les vivants ». Vingt quatre heures pour que le cœur de Simon Limbres soit donné à Claire. Une heure vingt pour faire battre le cœur du récit. La mise en scène épurée, comme la belle scénographie dEric Soyer, sont mises au service du texte dont il s’agit de faire entendre le souffle vital. Pulsations de l’écriture. Battements du cœur qui le doivent pas s’éteindre. Les faisceaux de lumières sculptent l’espace et intensifient la dramaturgie. La pénombre est découpée chirurgicalement par le tranchant des projecteurs. Du noir du plateau surgit l’énergie de vie.

Une performance d’acteur

Sur le plateau nu, le dispositif a été pensé pour concentrer le regard. Deux espaces mouvants cohabitent. Au centre du plateau, un tapis roulant que le comédien, Vincent Dissezne quitte pas pendant près d’une heure vingt. L’acteur, seul en scène, marche, court, danse, sur la structure mouvante. En équilibre, sur le fil du récit, il fait résonner toutes les voix. Tout à la fois, narrateur et personnages, il dompte la machine de sa présence altière et féline.

Au dessus du tapis roulant, installé sur une plateforme amovible, le musicien Joachim Latarjet, par les vibrations de sa voix ou de ses instruments, (basse, trombone, synthétiseur…), comme une chambre d’échos, prolonge, enrichit, le souffle du récit.

Le dépouillement scénique, le travail chirurgical sur les lumières, l’accompagnement musical, la présence organique de l’acteur, font résonner chaque mot dans son absolue nécessité. Dans la nuit du théâtre, un chant de « belle mort » s’élève et reconstruit la singularité du texte de Maylis de Kerangal comme celle de ses personnages. L’élan de vie porté par la mise en scène et par l’énergie du comédien donne à entendre la beauté du don.

Un spectacle qui tient en haleine le spectateur et qui le touche au cœur.

http://www.theatre-sartrouville.com/

En tournée:

6 novembre / Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Évry et de l’Essonne
du 21 novembre au 1er décembre / Théâtre national de Strasbourg
5 décembre / L’Agora / Boulazac

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