Festival d’Avignon 2025 : déjà des reprises !

Édito M La Scène Septembre 2025

Image prise église des Célestins lors de l'exposition 2025 " L'Arrière pays" dans le cadre du Festival d'Avignon 25 @mlascene
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Retour sur le Festival d’Avignon 2025 : déjà des reprises

Septembre 2025/ La rentrée théâtrale approche. M La Scène revient sur le Festival d’Avignon 2025. Plus de trente spectacles couverts entre In et Off, des entretiens d’artistes au cœur de la frénésie du Festival, une expérience encore unique. Et déjà des reprises qui se profilent.

Les scènes ont interrogé les héritages, la mémoire, les rapports de domination et la possibilité d’un lien retrouvé à travers le corps, la parole et l’espace.

 Corps et rituel scénique

Plusieurs spectacles du Festival d’Avignon 2025, NÔT, Nexus de l’adoration, Magec/The désert, Mutual, Palingénésie, sollicitent le corps comme médium politique, symbolique et spirituel. La scénographie déploie un espace sensible.


Festival d'Avignon 2025
NÔT Choregraphe Marlene Monteiro Freitas © Christophe Raynaud de Lage

Classiques et relectures

De grands classiques se réinventent sous le feu de mises en scène audacieuses : avec La Folle journée ou Le Mariage de Figaro, Léna Bréban, fidèle au texte de Beaumarchais, en révèle la portée politique et féministe dans une lecture incisive, d’une brûlante actualité, dynamitant la scénographie pour mieux mettre à nu les fractures sociales. Le Malade Imaginaire , mis en scène par Tigran Mekhitarian, quant à lui, fait dialoguer le corps souffrant et une société tout aussi malade. Enfin, avec L’Illusion comique, Frédéric Cherbœuf et le Collectif L’Émeute livrent une relecture du chef-d’œuvre de Corneille, oscillant entre l’hommage au théâtre classique et une incursion virtuose dans les codes du cinéma.

La folle journée ou Le Mariage de Figaro
La Folle journée ou le Mariage de Figaro mise en scène Léna Bréban © Louis Salto

Une parole intime et politique

Durant ce millésime du Festival, de nombreux spectacles reposent sur le témoignage : J’ai plusieurs terres, La Colère, Fils de bâtard, La Vie rêvée. Ils tissent, avec une retenue saisissante, des récits où l’intime se heurte à l’Histoire : fragments de mémoire coloniale, évocations d’exil ou éclats de violence sociale se déploient dans des formes volontairement sobres, qui laissent toute leur force aux silences et aux résonances du vécu.

Poétique du souvenir, théâtre d’objet

Des œuvres comme La Couleur des souvenirs, Blanc de blanc, Frantz, … utilisent le détail, l’objet ou la narration poétique pour convoquer l’enfance, la perte, le rêve ou l’intime.

Avignon 2025 a dessiné un théâtre du lien, du souvenir, de l’éveil. Le politique s’y fait chair, l’intime devient universel, les corps racontent autant que les mots. M La Scène y a vu un théâtre de l’attention : à soi, à l’autre, au monde.


Festival d'Avignon 2025

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