Critique Dans ce jardin qu’on aimait

Conception et mise en scène Marie Vialle

1 390

Dans ce jardin qu’on aimait, entretien avec Marie Vialle

les interviews de m la scène : Marie Vialle

Avec Dans ce jardin qu’on aimait, Marie Vialle prolonge son compagnonnage avec le romancier Pascal Quignard. Mêlant les textes, les chants, les sons, la metteuse en scène et comédienne réussit à recréer un univers poétique dont la transmission de père à fille est le soubassement. 

Le ravissement du monde

Dans l’entretien accordé à M La Scène à l’occasion de la présentation du spectacle « Dans ce jardin qu’on aimait » , lors du Festival d’Avignon 2022, Marie Vialle revenait sur la complicité qui la liait à Pascal Quignard, depuis presque vingt ans.

L’écriture de l’auteur ne cesse de la bouleverser. Notamment, par le regard que le romancier porte sur le monde. Avec cette dernière adaptation, il s’agissait de travailler sur  « la beauté du monde, sur le ravissement qu’est le monde si on le regarde et si on l’écoute un minimum » .

Tirée d’une histoire vraie, celle du révérend Simeon Pease Cheney, la pièce raconte comment un père,  veuf, inconsolable, chasse sa fille. Il ne se concentre plus que sur sa peine et le recensement du chant des oiseaux qui peuplent le jardin que sa femme décédée adorait. « Il n’y a pas de démesure dans l’amour » , dit-il. Rosamund, sa fille, part et se construit au-delà de cet abandon. Elle revient ensuite auprès de son père. Au coeur du jardin, les liens vont se recréer à travers l’écoute partagée du chant des oiseaux et de la beauté sensorielle du monde.

Marie Vialle fait de la jeune fille, celle qui transmet en direct. Elle n’est plus seulement personnage, mais devient narratrice. Par la parole, elle participe ainsi à l’avancée sensible des émotions. Le jardin de sa mère, que son père a fait sien à la mort de sa femme, devient son jardin. Par la retranscription musicale de ce qui les entoure et qui vibre, le père et la fille, au coeur du jardin, vont tisser à nouveau des liens intimes et profonds.

Accompagnée par Laurent Poitrenaux, au Théâtre de la Bastille, où elle a déjà mis en scène deux textes  Le Nom sur le bout de la langue en 2005 et Triomphe du temps en 2006, Marie Vialle offre un parcours délicat qui invite à écouter le monde différemment.

Les LM de M La Scène : LMMMMM


Dans ce jardin qu’on aimait

Théâtre de la Bastille 16 JANV > 02 FEV

D’après Pascal Quignard

Avec Laurent Poitrenaux et Marie Vialle

Conception et mise en scène Marie Vialle
Collaboration à la mise en scène Eric Didry
Textes Pascal Quignard
Adaptation David Tuaillon et Marie Vialle
Scénographie et costumes Yvett Rotscheid
Son Nicolas Barillot
Lumière Joël Hourbeigt
Travail vocal et musical Dalila Khatir

Spectacle vu au Festival d’Avignon 2022


Vous souhaitez lire une autre critique de M La Scène  sur un spectacle programmé au Théâtre de la Bastille ? Celle-ci pourrait vous intéresser : Critique Combat de nègres et de chiens, mise en scène Mathieu Boisliveau

S'abonner à notre newsletter
laissez un commentaire

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies. Accepter En savoir plus