Anaïs Nin, une de ses vies mise en scène Wendy Beckett

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Au Théâtre de l’Athénée, Wendy Beckett crée pour la première fois en France, Anaïs Nin, une de ses vies et réussit à éclairer les liens sensuels et intimes qui ont traversé la vie et l’écriture de l’autrice de Venus Erotica.

Anaïs Nin : La grâce et le trouble

Le nom d’Anaïs Nin évoque l’érotisme. Son Journal intime, ses nouvelles sulfureuses ont marqué les mémoires et ont fait son succès dans les années 1970-1990. Mais, cette écriture audacieuse, où l’inconscient, le sexe et le désir féminin sont explorés, mérite d’être redécouverte. Car sa modernité frappe. “Quelle erreur pour une femme d’attendre que l’homme construise le monde qu’elle veut, au lieu de le créer elle-même,” écrivait-elle.

Au Théâtre de l’Athénée, Wendy Beckett monte, avec des comédiens français, « Anaïs Nin, une de ses vies », un texte qu’elle a écrit ( traduit de l’anglais par Park Krausen & Christof Veillon). Centré sur la rencontre, d’Anaïs Nin et d’Henri Miller, à Paris, dans les années 30 et sur le trio amoureux qu’ils formèrent avec June, la femme de Miller, la pièce s’attache à éclairer les liens de désir, de création, de dévoration qui ont existé entre ces deux monstres de la littérature érotique.

Anaïs Nin
Célia Catalifo ( Anaïs Nin) et Laurent Maurel (Henri Miller) (photo de répétition)

« Une passion fumante comme du vin chaud »

Entre l’autrice de Vénus Erotica et l’auteur de Tropique du Cancer, attraction sensuelle et admiration littéraire se mêlent. Intimité et impudeur nourrissent leur travail d’écriture.« Comment vous ai-je choisi ? Je vous ai vu, de ce regard intensément sélectif — j’ai vu une bouche qui était à la fois intelligente, animale et douce… curieux mélange. » ( Anaïs Nin, Henry Miller, Correspondance passionnée, La Cosmopolite, Le Stock ) Ainsi, est-ce bien Anaïs Nin qui choisit Henri Miller,  » le gangster », pour devenir son amant et son alter ego littéraire.

 Pour incarner ce couple mythique, il fallait des acteurs sensibles et précis. Wendy Beckett confie le rôle d’Anaïs Nin à Célia Catalifo, avec qui elle avait déjà travaillé sur Camille Claudel. La jeune femme en a le charme trouble et la fragilité conquérante. Quant à Henri Miller, c’est Laurent Maurel qui lui apporte son élégance gouailleuse. A leur côté, Laurent D’Olce campe à la fois le père toxique d’Anaïs Nin et son psychothérapeute. 

La mise en scène de Wendy Beckett est soignée et chaque parcelle du petit plateau est investie avec précision et réflexion. Les costumes (Sylvie Skinazi) sont remarquables et contribuent à habiller l’ensemble dans une esthétique 1930, très plaisante.

A voir au Théâtre de l’Athénée, jusqu’au 30 mars.

 

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