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Ceux qui restent mise en scène David Lescot

Ceux qui restent © Christophe Raynaud de Lage)
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LM MM Ceux qui restent mise en scène David Lescot

Comment mettre en scène le précieux témoignage de deux rescapés du Ghetto de Varsovie? David Lescot répond par le dénuement. Sur le plateau du Théâtre Déjazet, l’artifice est vidé de ses oripeaux. En avant-scène, deux chaises, l’une en retrait de l’autre, dans une lumière égale et deux acteurs, une femme et un homme ( Marie Desgranges et Antoine Mathieu) qui portent la parole de « ceux qui restent » avec la volonté de la livrer au plus près de l’authentique. Chacun à leur tour, ils deviennent celui qui interroge la mémoire, puis celui qui répond. Chacun à leur tour, ils incarnent, les témoins, ceux qui se souviennent, Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson.

Juifs, polonais, rescapés du Ghetto de Varsovie avant qu’il ne soit rasé par les nazis, Paul Felenbok avait sept ans en avril 1943 lorsqu’il parvient à s’échapper par les égouts et Wlodka Blit-Robertson avait douze ans lorsqu’elle escalade avec sa sœur jumelle le mur d’enceinte à l’aide d’une échelle. Ils étaient cousins. Aucun n’avait raconté ce qu’il avait vécu.

Ceux qui restent David Lescot
Ceux qui restent © Héritage images Leemage

Que restent les mots

Basé sur le matériau brut de l’entretien que David Lescot a eu avec Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, âgés maintenant de 81 et 85 ans, le récit, restitué sur scène, s’organise en trois temps: la vie dans le Ghetto de Varsovie, la survie hors du ghetto, l’arrivée en France ou à Londres et la vie d’après. Livré avec subtilité et émotion contenue, le témoignage s’attache aux détails, aux souvenirs que les questions font accoucher. 

Il est facile, pour nous, de dire que « ceux qui restent » doivent témoigner. Pourtant, il faut souvent du temps pour mettre des mots sur ce qui a été un chemin de ténèbres et pour entreprendre « une mission de mémoire ». Il faut permettre, avant de mourir, à l’enfant et son histoire de continuer à vivre. 

Au Théâtre Déjazet, David Lescot parvient à faire entendre l’humanité sensible des mots qui se dressent pour la première fois contre l’oubli. Quant à Marie Desgranges et Antoine Mathieu, les deux comédiens ils sont des passeurs de vie. 

 

Au Théâtre Déjazet, « Ceux qui restent » jusqu’au 28 octobre, puis du 7 novembre au 9 décembre 2017. Livre disponible dans la collection Haute Enfance des éditions Gallimard.

http://www.dejazet.com/

http://www.memorialdelashoah.org/evenements-expositions/expositions/expositions-itinerantes/expositions-focus-historique/le-ghetto-de-varsovie.html

http://mlascene-blog-theatre.fr/

 

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